Magali Roux
Psychologue Clinicienne, Psychothérapeute à Aix-les-Bains
Thérapie de couple / Thérapie individuelle
Magali Roux
Psychologue Clinicienne, Psychothérapeute à Aix-les-Bains
Thérapie de couple / Thérapie individuelle

Magali Roux, Psychologue clinicienne et Psychothérapeute

Formation

 

  • Master 2 Professionnel en Psychopathologie et Psychologie Clinique - Mention très bien - Université Lumière Lyon II

Spécialisation en Psychopathologie concernant  tous les âges de la vie: l'enfant, l'adolescent, l'adulte et la personne âgée.  

Activité de recherche et de supervision.

  • Master 2 Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique - Mention très bien - Université Lumière Lyon II : travail de recherche en Psychopathologie ouvrant sur la perspective du Doctorat. Directeur de Recherche : René Roussillon.

Recherche sur l'expressivité et le potentiel transformationnel des traces mnésiques inscrites dans la mémoire cellulaire, corporelle, à travers les processus représentatifs impulsés dans et par le dispositif thérapeutique proposé : sophro-pictural.

Alliance de la sophrologie comme attracteur et contenant de ces formes de mémoire premières, à la médiation picturale, médiée par l'accompagnement du psychologue, réalisant ensuite une première transformation en image des ressentis.

Le psychologue vient ensuite favoriser la mise en mots des maux dans un co-éprouvé empathique et contenant.

  • Titulaire d'un D.E.S.S. et D.E.A. à l'intitulé homonyme.
     
  • Titre de Psychothérapeute de par l'application du décret du 20 mai 2010 ,ainsi que de par l'arrêté du 9 juin 2010 relatifs respectivement à l'usage du titre et à l'inscription au registre des psychothérapeutes.
     
  • Membre de la F.F.P.P. (Fédération Française des Psychologues et de Psychologie).
     
  • Membre de l'A.P.R.E.P. (Association des Psychologues pour la Recherche et l'Echange autour de leurs Pratiques). 
  • Membre d'A.GE.PRO.LS ( Association de Gestion des Professions Libérales de Savoie).
  • En formation continue (connaissances actualisées par la participation à des séminaires et colloques).
     
  • Respect du Code de Déontologie des Psychologues.

   

     Ce vers quoi nous allons tendre en thérapie pourrait se résumer en partie par ce qu’énonce un des (re-)connus philosophe :


« 1. Penser par soi-même.   

   2. Penser en se mettant à la place de tout autre ;   

   3. Toujours penser en accord avec soi-même ».

Kant, Critique de la faculté de juger, 1790, Vrin, p. 127, 128. Traduction, : Alexis Philonenko.

 

  Ces trois phrases résonnent comme des injonctions un peu paradoxales de prime abord.

  Il est autant d’interprétations de ces dernières, que de psychismes singuliers, uniques, en ce monde.

 

Ouvrons néanmoins une partie d’un éclairage subjectif partiel :

      Penser par soi-même, ce serait retrouver confiance en ses perceptions, sensations, intuitions, qui ont été parfois malmenées par nos interlocuteurs premiers, scène princeps se répétant souvent avec les personnes rencontrées dans la suite de notre existence.

       C’est retrouver une légitimité d’existence, à être et à penser.

       Combien de fois pouvons-nous entendre:

« Mais tu as mal compris... », « il ne s’agit pas de ça », " tu te trompes", déconstruisant par là-même la légitimité de nos perceptions, nous conduisant à perdre confiance en la justesse de ces dernières, et plus largement confiance en nous.

       Nous sommes alors confrontés à des formes de dénis, de négation de ce qu'on a senti, perçu, parfois conscientisé.

Quel est le destin au sein de notre économie psychique, somatique, de ces "impressions" si elles subissent le sceau du travail du négatif (concept d'A.Green)?

Elles sont irrémédiablement forcloses, refoulées, clivées au -et du- Moi, déniées, enfouies, figées, clouées, immobilisées dans le corps, en dormance, attendant d'être réveillées par des événements, ou rencontres-échos,  qui vont les pousser à ré-émerger sous des formes diverses: 

Aussi, elles apparaissent comme des trous blancs ou trous noirs -de notre histoire- ("je ne me souviens de rien", ou "oui j'ai subi ça, mais ça ne m'a pas traumatisé"), prétendu vide, recours au mode négatif de l'effacement, trahissant un trop plein inaccessible. 

Quand ces traces resurgissent, elles peuvent s'accompagner d'une montée d'angoisses, faisant naître parfois un sentiment de dépersonnalisation, retour à une période où le Moi a été déchiré.

Déchiré par ce qu'il a perçu, senti, vécu. 

Alors pour tenter de panser les blessures, un après - ou (contre -) coup retentit, ouvrant potentiellement sur des maux du corps, des vécus d'apparence délirante, une tristesse profonde, des problématiques alimentaires, le sujet étant tenu en otage par ce qui a été réveillé de son lien aux figures d'investissement importantes de sa vie.

Les choses sont senties, subies, imprimées, parfois agies, avec un sentiment d'inquiétante étrangeté car n'étant pas à soi.

Portant l'empreinte de la personne à qui on faisait tant confiance et qui nous aimait mal.

Traces-reviviscences -ou rémanences- de ce qui n'a pas été reconnu comme douloureux, effractant, dans notre vécu d'enfant, d'adolescent, qui peut se re-présenter à l'âge adulte.

 

     Penser en se mettant à la place de tout autre: ce deuxième point parlerait peut-être de la capacité à être en empathie avec l’autre, sans pour autant se loger en son lieu et place.

   Pourtant, parfois parce que nous ne comprenons pas l’autre, le parent, le conjoint, l'ami, nous pouvons être littéralement saisis, traversés, figés dans et par ce que nous percevons, sentons de lui, de ce qui transpire en-deçà, ou par-delà, le langage verbal dans le lien avec nous.

        Alors apparaît ce qui reste énigmatique, inquiétant, dans les attitudes, mimiques, regards présents chez cet autre, dans le lien avec nous.

       Ce quelque chose qui anime et agit le corps de l'autre, constitue de véritables "points aveugles", indéchiffrables en prise directe.

       Aussi, nous pouvons tenter de comprendre littéralement -"prendre avec et en soi"- ce qui est montré autant qu'occulté chez l'autre, nous sentant alors dépossédés de soi-même, générant des affects d'une violence inouïe, transpercés par ce quelque chose de l'autre, un impensé resté impensable jusqu'alors.   

        Et alors, "on ne se reconnaît plus", "on est plus soi-même", "on est (littéralement aussi) hors de soi".

On craint alors d'être "l'autre", ou comme ce dernier, de lui ressembler.

         Ce qui fait le lit d'angoisses parfois terrifiantes, formulées par exemple de cette manière: "et si j'étais comme ma mère", étant saisi par le fait de dire, ou faire, ce que cette mère pouvait dire ou faire, et que paradoxalement nous condamnions.

Comme pris, sidéré, rendu immobile par l'effroi, par l'affect suscité lors de la vue du "visage de la méduse" (peinture de Caravage), figure du monstre qui s'insinue en soi.

          Aussi un patient pouvait nommer combien parfois il perdait le contrôle dans des accès de colère le rendant potentiellement violent, une culpabilité terrassante le rattrapant ensuite.

      C'est en retrouvant l'enfant en lui, ce à quoi il a été confronté, au sein de la bienveillance du cadre thérapeutique, que des scènes ont ressurgi, notamment des violences subies lorsqu'il était encore un enfant en bas-âge, qu'il a pu se défaire de cette "impulsivité".

     Celle-ci qui s'emparait de lui, qui s'actualisait dans le présent sous une forme 'active', contenait en creux celle dont il avait été assailli enfant, dans la passivité, par et dans ce passé effacé resté à l'état de traces engrammées à même le corps.

Il s'agit alors de la trace des "revenants", des fantômes, de reviviscences, de rémanences, des "fueros" comme le spécifiait S. Freud.

       Ces "restes", gommés de l'histoire, peuvent revenir sous la forme de processus phobiques, "tics" ou "tocs" incontrôlables, de symptômes somatiques, ou encore de processus addictifs, portant la trace de ce "quelque chose", de la "chose",  qui insiste à être figurée, à transiter dans la sphère psychique, intrusive, effractante, et incoercible. 

           Mais qui reste étrangère à soi, symptôme qu'on ne peut pas, ou prou, "contrôler".

Le sujet s'étant senti comme un objet inanimé dans le passé: aucune tentative de prise sur l'autre n'ayant été possible, le sujet était face à un parent parfois intransformable, non-malléable, ne se remettant pas en question.

     Ce qui est resté à l'état de traces in-identifiables devient à identifier, masquant-dévoilant les impacts traumatiques qui sont gravés chez soi du lien à l'autre, à décoder.

        Tout se passe comme si ces marques de souffrance qui font symptômes, seraient "plus fortes que soi", n'ayant pas de prise dessus.

        "ça" porte bien souvent la marque d'un abus de pouvoir d'un parent sur l'enfant que l'on a été, d'une emprise à laquelle on n'a pas pu se soustraire, effaçant le sentiment même d'identité, d'être "soi ".

Le parent s'étant révélé parfois intrusant, effractant, incontrôlable, pénétrant.

    Dans le choc traumatique et ses résurgences (les après-coups, autres expériences de vie ultérieures), cette histoire privée de parole "revient", en faisant symptôme, semblant confusionner ce qui vient de soi ou de l’autre.               Comme possédé par le parent qui a dépossédé l'enfant de son statut de sujet.

 Traversé par une forme de mémoire sensori-perceptivo-motrice vertigineuse, véritable "anachronisme" générateur de souffrance psychique, lestant le sentiment d'identité, on peut se sentir perdu.

      " ça" donne le sentiment d’être étranger à soi-même, d'être délogé de soi, perdant la consistance du sentiment d'identité et de continuité d'existence. 

        Aussi, la fonction du psychothérapeute d'orientation analytique est de faire office du miroir du négatif -concept de René Roussillon- au sens de ce qui a été négativé, non intégré psychiquement, su, tout en paraissant ignoré, du patient lui-même.

        Le thérapeute se doit dans son approche être potentiellement embrayeur des processus représentatifs, dans sa fonction tout d'abord contenante, enveloppante, empathique, et ensuite à travers sa fonction interprétante, permettant la remise en jeu de ce qui ne circulait plus dans la vie psychique et affective, émotionnelle.

         Ouvrir les enclaves et les entraves de, et à la symbolisation, passe par une traduction des traces mnésiques, perceptives, dans des conditions de sécurité pour le patient.

 Qui doit se sentir soutenu, porté, protégé par le thérapeute. Permettant au patient de se voir tel qu'il est, et non tel qu'il se l'imagine, lorsqu'il se regarde dans les torsions du miroir de l'autre.

        Cette relance de ce qui est resté en panne de symbolisation chez le sujet, passe par la capacité d'accueil et de transformation, de ce qui est entendu, senti, ressenti corporellement et psychiquement lors de l'attention portée au sujet venant en séance, par le thérapeute.

       Ainsi est réceptionné dans le corps et la psyché du thérapeute ce qui est su à l'insu du patient, ce qui a été forclos, nié, projeté, ou retourné, d'abord par son entourage, puis par lui-même, répondant à des injonctions invisibles.

       En tant que thérapeute, il arrive alors de sentir des sensations, émotions, douleurs, qui viennent nous traverser, les reprenant souvent à notre propre compte lors de nos débuts.

On se dit: "j'ai mal à la tête", ou "je ressens de la tristesse soudainement", témoins en réalité de ce qui est présent chez le patient.

En vivant l'histoire du patient d'une certaine manière à sa place, on va l'aider à pouvoir transformer l'informe, le coup de poing: en récit, pensable et sensible. L'histoire "oubliée", si elle n'est pas accessible de manière consciente par le souvenir, sera racontée, sentie et repérée par l'actualisation transférentielle. 

Elle se conjugue au temps du présent, au décours de la rencontre thérapeutique, tout aussi véridique que le souvenir devenant clair, celui qui était enfoui ou inaccessible, se mettant en scène.

    Ces  "sentis" de l'autre, constituent un véritable aiguillage de la souffrance du patient, et de la manière dont on peut l'aider.

Régine Prat évoque en ce sens les "passagers clandestins" qui s'invitent en nous, nous parlant de ceux traversant les patients.

Effectivement, ce qui est resté à l'écart d'une inscription psychique élaborée et élaborative, concerne bien souvent des événements potentiellement traumatiques, et son corollaire: les affects, sensations, représentations qui y sont liés.

Ces "restes" à sortir précautionneusement du silence, peuvent trouver racine non seulement dans l'enfance, mais aussi bien souvent dans l'histoire transgénérationnelle, en écho.

         Bien souvent, les thérapeutes sont appelés dans le transfert et contre-transfert corporel , à l'époque où régnait le transitivisme, la perméabilité et la porosité entre soi et l'autre, où l'agentivité était indécidable, réalisant une plongée conjointe avec le patient dans ces temps immémoriaux, inaccessibles, directement par la verbalisation.

       Un temps où il y a souvent eu une rupture ou une non élaboration du pare-excitation, et donc de la différenciation soi-autre, qu'il nous faut co-construire, co-éprouver et trouver avec le patient. En l'enveloppant métaphoriquement.

       Nous sommes alors saisis par les empreintes et traces de ces premières formes de mémoire, que l'on a gardé de notre naissance à nos deux, voire trois ans, restant active, parfois silencieuse, parfois bruyante.

       Cette mémoire corporelle est celle aussi du temps de la dissociation traumatique, où les vécus de soi et de l'autre se mêlent lors de leur réactivation ultérieure. 

         "Le nourrisson savant" est sans doute celui qui a fait face, sans s'en souvenir, parfois à l'imprévisibilité de son environnement, ou à des "sentis" énigmatiques venant de ses figures d'investissement, très souvent leurs parents, étant au contact de leurs désirs, peurs, angoisses, pulsions, attitudes et pensées. 

La maturité intellectuelle (ouvrant sur la question du haut potentiel intellectuel), et ce que l'on nomme "hypersensibilité", seraient-t'elles la trace et en partie la résultante d'une tentative de répondre à l'exigence de résolution d'énigmes? 

     De nombreux patients, jeunes et moins jeunes, tentent alors de "reprendre le contrôle" sur ce qui fait symptôme, en s'investissant et réalisant des thérapies brèves promettant une résolution rapide.

Un soulagement peut apparaître, mais cela ouvre souvent à un retour tôt ou tard de la souffrance, sous une autre symptomatologie, la source de la souffrance n'étant pas abordée. 

       On ne peut malheureusement s'en dégager que de manière parcellaire et temporaire par ce biais-là.

     Cet étayage reste néanmoins salutaire et complémentaire d'un travail profond sur soi, lorsque le corps et le psychisme crie la souffrance, la rendant de fait inaudible en l'état.

       Ne pouvant faire l'économie d'un travail de fond potentiellement libérateur, la thérapeutique ici serait plutôt de pouvoir se révéler à soi-même,dénouer les fils de son histoire de vie, recouvrant l’idée de « nommer » l’anonyme implicite, de désintriquer les fils de l’aliénation qui nous noue à celui qui viendrait nous habiter, nous "hanter" en lui reconnaissant son caractère d’étrangeté et de non-recouvrement.

     Ainsi en est-t'il d'un héritage douloureux, afin de désenclaver l'incorporat.

     De manière générale, des événements traumatiques doivent pouvoir passer par la même processualité pour ne plus faire symptôme.

     Redessiner par le processus thérapeutique les linéaments de votre identité peut se rapprocher  d'une (re)-naissance libératrice.

Cela  ne se fait pas sans allers-retours, des progrès et un mieux-être fulgurants venant à être parfois ternis par le retour d'angoisses, suivant une ligne de crête libératrice dans le dénouement.

 

    Toujours penser en accord avec soi-même: cette dernière phrase serait celle qui nous protégerait de la deuxième et de son corollaire si poussée en son extrême.

       La première ne peut exister sans prendre en considération la deuxième.

       Ce qui est un précipité du lien thérapeutique.

      En appui pendant un temps sur un autre, le temps que vous souhaiterez et déciderez  pour vous, vous pourrez ensuite reprendre votre voie/x et poursuivre votre chemin -de vie-.

La parole du thérapeute doit être accueillie avec distance, celui-ci ne détenant aucune vérité.

C'est le sujet qui sait, le thérapeute est là pour cheminer à ses côtés, tentant de comprendre avec lui les expériences vécues, les ressentis qui y sont liés, l'impact que ça a pu avoir sur lui, pour enfin pouvoir s'en libérer.

Si la relation de dépendance est souvent inévitable, induite par la dynamique transférentielle, faisant appel à celle précoce, elle doit pouvoir se transformer pour que le patient puisse trouver un autre destin aux scénarios déjà vécus d'emprise ou de passivité insupportable venus d'un autre temps.

Ce qui est soutenu c'est la pensée du patient, ce n'est pas le narcissisme du thérapeute qui doit se nourrir d'une rencontre thérapeutique. Le patient grandit parfois jusqu'à s'opposer, penser par lui-même, ce qu'il nous faut encourager. 

Trop souvent, apparaît parfois en réaction chez certains psychothérapeutes, pensant tout "ça-voir" - "savoir", une toute-puissance narcissique arrimée au corps et à la psyché, non-élaborée, qui peut avoir des conséquences désastreuses pour la santé du patient.

Lui refaisant vivre l'interdit du "meurtre symbolique" du parent-thérapeute, celui-là même qui a sans doute été empêché pour ce même thérapeute dans son histoire personnelle (il faudra différencier le meurtre symbolique nécessaire, de la répétition d'un meurtre d'âme aveugle par le patient, celui-là même qu'il a subit dans son histoire, et qu'il peut adresser à son thérapeute. Cf. plus loin dans le développement).

Quand un patient dit ne pas aller mieux malgré la thérapie, ou ne pas être en accord avec les hypothèses évoquées, ou que l'on ne va pas assez loin dans le travail thérapeutique, il est important de pouvoir faire un pas de côté pour ne pas se révéler en retour dans une revendication narcissique-phallique délétère.

Il faut toujours tenter de comprendre les enjeux psychiques latents au regard de l'histoire de vie du patient.

Lorsque ceux-ci sont perçus comme hors de cause ou tout du moins suffisamment analysés, il faut alors aller par-delà:

La remise en question est nécessaire et me pousse aujourd'hui à repenser différemment ce qui a été pensé comme "résistance" (sous-entendu du patient) dans la conception psychanalytique.

Il est rare mais il me semble important de l'évoquer, que nous arrivons parfois pour certaines thérapies à ce moment où ce qui reste et résiste à l'analyse se présente, épuisant la pensée, l'associativité génératrice et créatrice, tant pour le patient qui n'a plus grand chose à dire, que le thérapeute qui tourne aussi en rond.

Nous laissant face à une rupture-vide semblant infranchissable entre le mot et la chose, face au visage de la méduse, entre le ressenti et le pensé, soit le corporel et le psychique et son irréductibilité: le refoulement ultime ou plutôt premier, celui dit originel. Un blanc apparaît:

Le point de butée, c'est ce qui est désigné comme résistant à l'interprétation, pensé sans doute trop rapidement comme "gewachsene fels" (S. Freud), héritier d'un complexe de castration inélaborable selon Freud.

Mais sans doute inélaboré en miroir pour certains thérapeutes qui ne peuvent renoncer à leur "savoir" face à la double blessure narcissique et oedipienne que ça actualise pour eux (le fameux complexe de castration).

Alors que le "reste" qui "résiste" est à entendre plutôt comme refoulement originel, métaphorisé et interprété par erreur comme "complexe de castration", roc de la castration, par nos aînés.

Cette digression théorique est importante, afin de pouvoir proposer d'autres lignes créatrices à venir pour nos patients et nous-mêmes dans le cheminement commun.

Le thérapeute aveuglé par son narcissisme à la dérive, a raison et le patient tort. Le thérapeute pense dans une projection-retournement, que c'est le patient qui ironiquement n'accepte pas ce complexe. Et que c'est par là-même un "mauvais" patient.

Quand ce "duel" se présente, c'est que souvent le mouvement du patient porte la trace d'une reconnaissance insuffisante par le thérapeute (ou une non- /voire mé-connaissance) de ses trauma et de leur impact, de la violence de ce à quoi, et à qui, il a été confronté dans son enfance.

Ce qui signe une réédition du trauma en question pour le patient, dans et par la dénégation ou le déni qui se re-présente : "ce n'est pas si grave, vous avez survécu", paroles meurtrières, niantes.

Conduisant le patient à "quitter" la thérapie.
 

Quand il ne s'agit pas de ce cas-là, que le duel est déjoué, il s'agirait plutôt d'envisager des médiations thérapeutiques permettant l'accès et le travail de l'informe, de ce qui reste insaisissable par la verbalisation, autour de ce qui insiste à se re-présenter dans et par une mémoire corporelle, sensorielle et émotionnelle puissante pour compléter le travail d'orientation analytique.

Très souvent elle est nourrie -cette mémoire- de et par des mouvements auxquels le patient a été confronté auprès de ses figures d'investissement, et qui se réactualisent au coeur de la relation transféro-contre transférentielle.

La plus meurtrière : celle inhérente à la communication paradoxale, à la projection, retournement, processus psychiques qui ont valeur d'actes auxquels le patient a été soumis lors de sa construction.

Dans cette configuration, le parent s'est souvent dédouané sur le patient-enfant d'une culpabilité qu'il n'arrivait pas à porter : "c'est de ta faute", " tu es coupable", "tu es mauvais", tous les propos et ressentis de l'enfant étant niés, déformés, détournés.

Ce parent-là, très souvent écrasé par une culpabilité inconsciente qu'il ne veut pas voir, n'a jamais pu se remettre véritablement en question, et faire un travail d'élaboration afin de pouvoir se libérer de mouvements violents ou persécuteurs, tant psychiques que physiques.

Le patient en grandissant doit alors faire ce difficile travail de la reconnaissance de l'empreinte de son parent pour pouvoir être lui, élaborant une culpabilité maturative, le conduisant à une bienveillance dans son rapport à lui et aux autres, transformant et se libérant de la "haine" dans laquelle il a baigné (latente ou manifeste).

A la rage succède alors la rage de vivre, et très souvent cela ouvre à un bien-être inconnu jusque-là pour le patient au décours du processus thérapeutique, s'ancrant en sa fin. Mais parfois l'issue n'est pas si favorable.

Il vient en amont alors parfois nous raconter en thérapie ce à quoi il a été soumis:

Lorsque le paradoxe (inhérent à l'expression de l'hôte, du ravisseur du patient), l'ombre de celui qui a exercé son emprise s'invite dans la thérapie, cette dernière risque de s'enliser et de donner lieu à chaque interprétation du thérapeute à des quiproquos et malentendus dans la manière dont elles seront accueillies.

Parfois, même si cela reste rare, cette paradoxalité agissante ne pourra conduire qu'à une réaction thérapeutique négative, le meurtre d'âme s'actualisant dans un même mouvement sur le thérapeute lui-même, plus rien n'étant métaphorisé-métaphorisable. Les maux somatiques s'invitant sur la scène, envahissant le soi, la souffrance psychique s'insinuant silencieusement, de manière implacable.

Il n'est pas aisé de se dégager de l'horizon du risque de "s'échouer" -au sens également de l'échec? - sur la rive des mouvements en torsion auxquels le patient a été soumis, le thérapeute étant amené à tenter de déjouer, ce dont le patient n'arrive pas à se libérer. C'est la "survie" - au sens Winicottien - du thérapeute qui permettrait au sujet de se désaliéner du ravisseur de son histoire, en s'identifiant au processus libératoire et libérateur que le thérapeute mettrait en place.

Elle n'est pas toujours possible, la pensée s'émoussant, la thérapie ne se révélant parfois plus aidante, stagnante, le thérapeute s'épuisant, étant pris dans les mailles de mouvements invisibles et silencieux, oeuvrant à un écrasement de son être. Tout comme le patient a été aux prises des mêmes filets.

Ce peut être un étape dépassable et transitoire, et si elle ne l'est pas, il est alors important de pouvoir élaborer ce que sous-tend le sentiment d'impasse thérapeutique, afin que le patient puisse poursuivre ce travail sans s'effondrer, et que le thérapeute reste ou redevienne également vivant, permettant la libre circulation de la pensée, à sa créativité de renaître, et une reconnexion au sentiment de soi, dans un dégagement du lien mortifère.

En tant que thérapeute, on vit au moins toujours une fois cette situation complexe au coeur de notre pratique.

Cette conclusion inattendue a conduit nombre de nos contemporains et prédécesseurs psychanalystes a tenté d'analyser les méandres de ce qui peut être vécu comme une épreuve tant pour le patient que pour le thérapeute, qui quittent parfois le lien thérapeutique en se sentant tout deux "mauvais".

Alors qu'il s'agit d'une plongée dans des ressentis douloureux où il n'y a ni bon, ni mauvais, qu'une mémoire qui s'exprime pour ne plus restée imprimée, cherchant désespérément une issue autre que la répétition, tout en tendant à la créer.

 

 

       Les trois formes de "pensée" évoquées pour se penser-panser, devraient idéalement pouvoir co-exister pour pouvoir être... Soi. En relation apaisée avec les autres.

       L'approche théorique peut parfois sembler difficile d'accès ou d'entendement lorsqu'elle est encore désincarnée.

       Pendant les entretiens, le langage courant est seul utilisé.

       Aussi le langage de l'inconscient et ses effets apparaîtront  simplement, s’animant dans une histoire qui vous est propre. 

 

 

 

       Peut-être que comme le dit avec humour l’écrivain Oscar Wilde, l’enjeu qui s'incarnerait en terme de processus au coeur de la thérapie serait :

     « Be yourself ; everyone else is already taken » Oscar Wilde.

 

 

Magali Roux à Aix-les-Bains

Magali Roux

11 Rue du Temple
73100 Aix-les-Bains

Du Lundi au Vendredi de 9h30 à 13h30 et de 14h à 18h30

Pour obtenir davantage d'informations (publications, actualités) sur le cabinet, rendez-vous sur la page Google 

 

Réalisation & référencement Simplébo

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.